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Le sommeil du bébé : pourquoi mon enfant ne dort pas ?

Dernière mise à jour : 3 mars



Une personne en pleine possession de ses facultés mentales ne mangerait pas à 19h, ne se coucherait pas à 20h dans un lit à barreaux avec une poupée gonflable” Rosa Jové

Tous les parents ne sont pas égaux face aux nuits de leurs bébés. Les coachs en sommeil fleurissent, promettant de faire dormir vos touts-petits avec des méthodes plus ou moins bienveillantes. Si certains considèrent le sommeil comme un dû, il convient d’adopter des attentes réalistes quant à la vie avec un nouveau-né. On ne dresse pas un enfant et nul ne peut deviner quand votre enfant “fera ses nuits” !

Saviez-vous que le sommeil léger, chez le bébé, est crucial pour sa survie ? Après la naissance, le lien hormonal intime est rompu. Les tout-petits doivent développer leurs propres rythmes circadiens de production d'hormones…Et cela prend du temps ! A cela s’ajoute la nécessité de répondre à leurs besoins nutritionnels, qui vient compliquer la chose.

Il est important de noter que grâce aux micro-réveils, le tout-petit se protège de la mort inattendue du nourrisson (MIN) et de la surchauffe. Un individu qui dort et ne reçoit pas assez d’oxygène, doit se réveiller immédiatement !

Nous attendons de l’enfant qu’il fasse une nuit complète sans réveil, car nous pensons nous-même dormir d’une traite. Mais c’est omettre le fait que l’adulte lui-même possède des phases d’éveil entre chaque cycle. Pour changer de position, uriner, boire un verre d’eau… Lorsque l’on compare le sommeil de l’adulte et celui du bébé, on aperçoit qu’il diffère sur bien des points : besoins, organisation du cycle, longueur des phases… Il ne faut donc pas considérer le sommeil de l’enfant comme le nôtre. Il ne fait pas NOS nuits mais fait les SIENNES.


N’oublions pas qu’il n’a pas encore atteint la maturité physiologique et psychologique pour s’auto-apaiser. Pour se rendormir il a besoin du contact avec son parent, d’être porté et rassuré. Des liens continus sont essentiels pour combler les besoins affectifs du bébé. Le sommeil partagé ou “cododo” est un excellent moyen de prolonger le lien tissé in utero. Pour certains pédiatres, la solitude imposée aux bébés et jeunes enfants est source de mal-être et a des répercussions négatives à long terme (dépressions, angoisses…). La mauvaise nouvelle, c’est que personne ne peut prédire quand un bébé fera ses nuits. Chaque individu possède un rythme qui lui est propre, c’est la raison pour laquelle les méthodes d’éducation au sommeil ne sont pas conseillées. Nous n’avons pas besoin d’apprendre au petit d’homme à dormir ! Pour cause, le fœtus « dort » presque en permanence jusqu’à l’âge de 36 semaines. Il bouge et tète même ses doigts en dormant. Ce n’est que vers le 8ème mois de grossesse que débutent de courtes périodes d’éveil. Il ne nous a donc pas attendu pour tomber dans les bras de Morphée ! Voici quelques chiffres pour vous rassurer :

Dans une étude, des chercheurs canadiens ont étudié 388 nourrissons à 6 mois et 369 à 12 mois. A 6 mois, 38% des bébés ne pouvaient pas passer 6h h sans se réveiller -et 57% ne dormaient pas 8h d'affilée. À 12 mois, 28% ne dormaient pas 6 h d'affilée et 43% ne dormaient pas 8 h. Votre enfant ne dort pas, vous n’êtes pas seuls !


Pour bien comprendre ce qu’il se joue et vous donner la possibilité de changer de regard, je vous propose de regarder comment s’organise la nuit de votre nourrisson.


Son sommeil comporte 2 phases :

  • La première de sommeil actif (aussi appelé sommeil paradoxal/léger ) : il est caractérisé par des mouvements oculaires rapides (REM), une respiration irrégulière, des mouvements d’éveil… Pour certains chercheurs, il s’agit d’une phase d’auto-stimulation pour le cerveau en croissance. Si un stimulus intervient pendant cette phase critique, le bébé risque de se réveiller.

  • La deuxième phase est celle du sommeil calme (également appelé lent ou profond) . Elle comporte 4 stades (dont les stades 3 et 4 sont les plus profonds). En tant qu’adulte, nous possédons 2 fois plus de sommeil lent que le nouveau-né. Ce dernier ayant deux fois plus de sommeil paradoxal (et donc deux fois plus de périodes sensibles aux stimuli) est d’autant plus susceptible de se réveiller.

Son train du sommeil :

Endormissement > 20 min de sommeil paradoxal > sommeil transitionnel > sommeil lent.


Au fur et à mesure qu’il grandit, la phase de sommeil paradoxal est remplacée par le sommeil profond. Le nombre d’heures totales de sommeil diminuent, la phase calme augmente, les cycles s’allongent donc les périodes critiques de réveils sont moins nombreuses.

L’enfant peut donc être déposé plus rapidement dans son lit. Toutefois ce rythme varie selon les bébés et c’est la raison pour laquelle on ne peut pas prévoir quand votre enfant dormira une nuit complète ! S’ajoute à cela les stimuli d’éveil (nouvelles acquisitions) qui s’accroissent à leur tour et créent des régressions : anxiété de séparation, dent, rhume, otite….

QUELQUES REPÈRES :

  • Avant 3 mois, une bonne partie du sommeil du nourrisson est transitionnel. Il convient d’adapter son mode de vie au nouveau-né et de profiter de son endormissement pour faire des siestes (si si la pile de linge et l’aspirateur attendront !)

  • Vers 3 mois le stade 3 et 4 du sommeil lent sont mieux définis. Le bébé reconnaît le rythme jour/nuit.

  • Vers 4 mois s’opère une meilleure organisation du sommeil. Les temps d’éveil sont plus longs, le nombre d’épisodes de sommeil actif diminuent.

  • Une meilleure organisation s’opère aux alentours des 12 mois. L’enfant peut néanmoins éprouver des troubles affectifs (peur, anxiété, rêves, cauchemars…) et des stimuli qui peuvent entacher la qualité de son sommeil.

POURQUOI MON BÉBÉ SE RÉVEILLE T-IL ?

Si ses besoins sont intenses, sa capacité à les communiquer est limitée ! Si votre nouveau-né se réveille, c’est dans un premier temps pour vous transmettre ses besoins vitaux (faim, froid, nez obstrué…). Un bébé qui ne se réveillerait pas verrait ses chances de survie fortement diminuer.

De plus, comme nous l’avons vu précédemment, le sommeil léger joue un rôle dans le développement du cerveau. En extrapôlant, nous pouvons en déduire qu’un bébé qui se réveille sera intelligent ! Pensez-y la prochaine fois que vous serez debout à 3h du matin, en train de chanter Frères Jacques pour la 25ème fois.



PRIVILÉGIER LE SOMMEIL PARTAGE ? La 1ère année de vie, l’enfant et la mère partagent les mêmes habitudes de sommeil. Pour William Sears, le sommeil partagé c’est :


“la preuve qu’on accepte l’enfant comme un petit individu qui a de grands besoins ! “

Le bébé a confiance en ses parents qui seront disponibles durant la nuit, tout comme ils le sont le jour. Cela nourrit vos instincts et vous permet de reconnaître votre capacité à répondre à ses besoins, plutôt qu’à une norme sociétale. La proximité favorise de nombreux contacts : sonores, visuels, tactiles et olfactifs, dont tout bébé et parents ont besoin. Les sentir près de lui est un besoin physiologique essentiel du nourrisson. En ce qui concerne la sexualité du couple, il semblerait que le fait de partager un temps la chambre de son bébé n'ait aucun effet néfaste sur son développement. N’oublions pas que le couple ne se résume pas qu’à la chambre à coucher ! C’est le moment de faire parler votre créativité et de vous retrouver à votre rythme.

Quels que soient vos aménagements familiaux, n’oubliez pas que votre tout-petit fait ce qu’il peut pour grandir et parvenir à maturation, il n’est pas question de manipulation. Faîtes-lui confiance et soyez patients, c’est la clé vers un sommeil harmonieux.

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